C'est la Jungle!



La selva le long du Rio Quiquibey


du 13 au 17 Août

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l'equipe :
Marielle (31 ans) et Mathieu (21 ans) couple français, enfin Mathieu lui est allemand mais habite depuis 6 ans en Dordogne)
Grobert : cuisinier, originaire de la communaute, gere bien sa popote, sympatoch
Chino (24 ans) : guide, originaire de la communaute, semble bien connaitre son sujet, n'a pas froid aux yeux, sympatoch, affectueux (m'appelle "mi amor")
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Cette page se décompose en 6 parties :

     la communauté
     la jungle (Selva en espagnol)
     l'excursion
     la faune
     la flore
     la survie

La communauté


La communauté de l'Asuncion se situe à 2 heures de Rurrenabaque sur l'affluent Rio Quiquibey du Rio Béni. Ce village est habité par 200 personnes, dont 50 enfants qui sont éduqués par 2 professeurs qui se répartissent les matières et les niveaux. Le chef est la personne la plus âgée, à Asuncion il a environ une soixantaine d'année. Il n'y a pas de médecin mais une infirmerie, sinon les consultations sont prises à Rurre.
Tous les mois les gens de la communauté se rassemblent. Je n'en sais pas beaucoup plus sur l'organisation du village car mes questions semblaient les ennuyer, aussi je n'ai pas su depuis combien de temps il y a un contact entre la communauté et la ville, pour le tourisme cela remonte à une vingtaine d'année.

La vie a la communaute se passe ainsi :

Les habitations sont traditionnelles, les murs en bois ou en bambou, le sol souvent de terre (il en est de meme dans les villes d'amazonnie), les toits en feuilles séchées. J'ai eu l'occasion de rentrer dans une habitation pour prendre le déjeuner que la professeur nous a offert à mon guide et moi lors de notre retour de la jungle. L'intérieur comprend un lit, un meuble de rangement bancal, une étagère pour le nécessaire de cuisine bancale, une table, un fil à étendre le linge, dans le coin un feu à même le sol pour cuisiner. En bref il n'y a pas de superflu de confort, cela s'explique par le fait qu'il n'y a pas d'électricité, le poste radio est alimenté par piles, celles-ci finissent dans la basse cour, au bord du Rio..

Les communautés demandent l'accès à l'électricité et la mise en place de filtre à eau, à chaque élection les politiciens promettent mais jamais rien n'est mis en place. L'électricité c'est d'abord pour avoir la télévision (ce qui me choque), les filtres c'est pour la saison pluvieuse car durant 2, 3 mois le Rio est très trouble. Le Rio est utilisé pour cuisiner, boire, se laver, laver le linge, pêcher, se déplacer, transporter. Sur cet affluent du Béni l'eau est plus claire qu'à Rurre, et au pied de la communauté l'eau court sur le fond de galet par conséquent il n'est pas désagréable de la boire.

Auparavant les communautés n'avaient pas besoin de la ville pour vivre, les fruits de la jungle, l'élevage (volaille, cochon, vaches) et les échanges suffisaient. Aujourd'hui il y a une demande et un besoin d'argent pour accéder à plus de confort. L'accès à la communauté coûte 70 Bolivianos aux touristes. Certaines personnes travaillent à la ville, d'autres vont y vendre des fruits ou d'autres produits artisanaux.

La population cherche à avoir le confort de la ville, j'ai l'impression que ça les dérangent d'être vu comme des gens qui ne sont pas modernes. Par conséquent, petit à petit elle perd sa culture, la transmission du savoir et la connaissance de la jungle ne doivent plus beaucoup préoccuper les nouvelles générations.

Lors de notre passage se déroulait la fête annuelle des communautés, celle-ci se déroulait autour de 2 tournois de football, les filles et les garçons. Les 4 autres communautés venaient de plus ou moins loin, jusqu'à 4 heures de voyage pour certaines, elles étaient hébergées chez les locaux ou sous de grandes tentes. En journée, en dehors des parties de football, la sono alimentée par le groupe électrogène crachait à fond la musique traditionnelle, au soir sous le préau se déroulait le bal. La majorité des personnes était assise sur des bancs autour de la piste de danse, 2 hommes passaient sans cesse avec un verre et un pichet du cocktail maison, un alcool potable à 96% et du jus de coco. Toutes les 5 minutes un fond de verre dont une partie revient à la Pachamama avant de se l'envoyer cul sec. 




La Pachamama est la mère de la terre, celle grâce à qui la vie est possible et confortable (la nature, les plantes et les animaux mais aussi les produits et technologies actuelles), elle est aussi beaucoup "invoquée" au nord de l'Argentine, de manière plus générale dans les communauté indigènes Quechua et Aymara. Malheureusement hormis ce don fait a la Pachamama je n'ai pas l'impression que la population porte beaucoup d'attention à la préservation de leur terre. Il est étonnant que les communautés n'ai pas eu une réflexion sur la gestion des plastiques importés de la ville, en fait je pense qu'ils ont suivis l'exemple donne par les citadins.



La place de la communauté est le terrain de football borde de quelques cocotiers.


La salle commune dans laquelle nous dormirons




Les filles ont fait un bon match, dommage du déséquilibre numéraire (7 contre 11)


Une habitation bien entretenue

Pour le toit une multitude de feuilles qui se superposent.



..un travail tres long! 


Les animaux d'élevage ne sont pas inquiétés


une coco svp!


fabrique d'arc pour vente a la ville.

Au bal ça se déhanche et ça danse colle-serre

Le cocktail maison, alcool de canne a 96% et jus de coco.
La Pachamama est aussi garante de la consommation abusee d'alcool, amusez-vous!





La Selva


Le Rio Beni

Le Rio Quiquibey, une eau plus claire

Les grands arbres portant des fleurs rouges se distinguent facilement dans la palette de vert.



De grandes feuilles qui peuvent servir de nappe, de plats..

Le plafond est souvent haut

Une variété de lierre qui se colle très bien au tronc rond

Un tronc qui ne doit pas supporter le lierre..

Souvent la végétation au sol est très dense c'est alors qu'il faut jouer de la machette, au passage une machette vaut 3€ !?

Cette mèche de lianes permet de jouer a Tarzan

Des espèces de branches, racines courent au sol, montent, descendent, se torsadent..

Des arbres plus haut permettent de s'orienter

Un papayer

(Une habitation non loin de Rurre)

Au second campement, réveil sous une pluie dense mais qui ne dura qu'une petite heure

..l'occasion de prendre sa douche les pieds sur la plage

En dehors des communautés les berges des rio accueillent des familles et des petits exploitants agricoles. Nombreux sont ceux qui n'ont pas de moteur a leur embarcation.





L'excursion


L'aventure de 5 jours s'est déroulée ainsi :

5 participants : Mathieu et Marielle un couple français, Chino le guide, Grobert le cuisiner et moi même.

Jour 1 :
Sommes arrivés vers midi à la communauté pour le déjeuner. Après avoir mange un classique poulet - riz, un atelier de tissage était propose pour fabriquer un ventilateur. Ce ventilateur tombait a pic pour tenir éloigné les mouches! Ensuite une bonne partie de l'après midi était libre pour regarder les parties de football. C'était aussi l'occasion de discuter avec les gens qui sont curieux de savoir d'où viennent les gringos (en Bolivie les étrangers sont désignés ainsi). 
En fin d'après midi une petite marche en forêt pour rencontrer la faune et la flore. On ne rentre pas trop tard pour la partie de foot du guide et du cuisinier, en fin de compte celle-ci n'aura pas lieu ce jour.
Après le repas du soir une tentative de pêche, pas une touche mais un moment agréable sous un ciel très étoilé. 
Au soir le bal, porté par l'alcool les plus courageux ont poussés la sono jusqu'à 6 heures du mat! Difficile de dormir dans ces conditions..

Jour 2 :
Le lendemain matin le programme initial était de prendre le bateau pour rejoindre un camp à 1 heure plus en amont, mais le guide et le cuisinier voulant jouer la partie de football on est resté à la communauté; pour ma part je ne me plains pas car j'ai pu jouer dans l'équipe adverse. L'équipe de Mogly a gagne 3 - 1, pour ma part j'ai fais mon travail a l'arrière gauche et j'ai essaye de ne pas trop briller afin de ne pas mettre en difficulté l'équipe de Chino  ;-)
Petite parenthèse sur Mogly qui est l'agence qui a le droit exclusif d'accéder a cette partie de la Jungle. Il faut dire qu'elle est tenue par des guides membres de la communauté, ce qui est légitime et tant mieux. A noter aussi que ces 2 bonshommes sont en couple avec des étrangères (américaines je crois), qui elles s'occupent de tenir l'agence a Rurrenabaque. Par ailleurs, Chino notre guide est lui en couple avec une française de Cherbourg, il doit se rendre en France pour la première fois en décembre pour 3 mois et l'été prochain ils devraient s'installer en Haute-Savoie. 


Bon, la partie étant finie vers 11h30 nous pouvons embarquer et nous rendre à l'autre camp. Bah en fait non, nous sommes restés pour le déjeuner. Quelque part il fallait bien manger, de plus les gamelles n'étaient pas encore remballées, alors on s'est mis a table, quand je dis "on", c'est Marielle, Mathieu, moi, Chino, Grobert, le mari de la nana de l'agence, le couple et leur enfant avec qui on a dormi dans le local, le copain du mari qui passait par la.. En fait un peu comme la veille le repas a été mange par les personnes qui se trouvaient la, ça n'est pas dérangeant et au contraire on aurait laisse des restes, mais ce qui étonne c'est que ça se fait sans organisation ou préavis, un peu comme si ils piquaient dans les plats, il n'aurait pas fallu que quelqu'un s'absente 5 min au risque de retrouver des plats vides a son retour.

Bon on a bien mange, maintenant en route pour le camp!  ..ah bah non, maintenant il faut attendre le pilote de l'embarcation! c'est seulement vers 15h que l'on a pu quitter la communauté. 
En compensation de la désorganisation et du temps perdu engendres par l'évènement exceptionnel qui se déroulait a la communauté la journée nous a été offerte par l'agence!

Enfin arrivéau camp on a installé les bâches et les moustiquaires sur la structure en bois existante puis on est parti en forêt. On a attendu la nuit pour faire le retour de manière à voir des animaux. A priori, si le guide ne s'est pas joué de nous on a entendu grogner le jaguar, ce qui est sûr c'est que l'on a vu un serpent perché dans un arbuste. Au soir après le souper une nouvelle partie de pêche, mais toujours pas de poisson.

Jour 3 :
Le lendemain, on quitte le camp pour en trouver un autre à 3, 4 heures de marche. Le début du parcours se passe sur un chemin bien tracé mais sur la fin il faut sortir du sentier battu. Le camp est facilement accessible depuis le Rio, par contre l'accès à pied est beaucoup moins fréquent car il concerne les excursions de plus de 4 jours et plus (3 jours étant le standard). Le guide a eu du mal a trouver ses repères (la cime d'un grand arbre, un mont, le lit d'un cours d'eau..) par conséquent nous avons tourné en rond pendant 4 heures. En plus des difficultés à avancer dans la jungle (troncs morts, végétation dense, espaces exigus entre les arbres, passages bas, sol instable..) nous n'avions pas mangé, il faisait chaud et humide (petit point technique : le pantalon qui colle au niveau des genoux provoque des pertes par frottement non négligeable, bien choisir ses vêtements avant de partir!), et sur la fin le guide ne se retournait plus et s'échappait avec sa machette nous laissant derrière dans notre propre itinéraire. Évidemment il ne nous abandonnait pas, et surtout on ne le lâchait pas, nos appels de voix permettaient de nous donner un nouveau cap, et puis aussi on était toujours avec le porteur, sauf que lui n'en pouvait plus de porter le baluchon de cuisine, il marchait en tong (véridique), il n'avait pas de machette et il ne connaissait pas du tout cette partie de la jungle! Pour nous l'important était de garder notre calme et notre concentration pour continuer à avancer sans se faire mal malgré la fatigue, la chaleur, la faim, la soif et le sentiment d'être abandonné par le guide. 
Finalement après cette galère un bain dans le rio nous a permis de nous décrasser et de nous détendre. 
Au soir une nouvelle pêche infructueuse, les poissons chats et piranha n'ont pas voulu de notre viande ni de notre grenouille.

Jour 4 :
Le lendemain matin une dernière ballade pour essayer de voir des singes, des perroquets et pourquoi pas le jaguar, finalement nous avons vu qu'un groupe de cochon.
A midi, après le repas, le couple français et le cuisinier quittent le camp en pirogue. Avec le guide on remballe les bâches plastiques puis commencent les 24 heures de survie en jungle!

..la suite dans le prochain épisode!


Bon le blabla c'est bien mais les photos c'est mieux non!?


Embarquement dans la pirogue au départ de Rurre


 






A la communauté Chino nous prépare des coco.



..un peu acide, mais au retour de la jungle sûr que je l'ai apprécié!


Fabrique d'un ventilateur. Le tissage est un savoir-faire utilise
pour beaucoup de chose (construction des habitations,
amenagement interieur, objets personnels..)

après l'attente nous partons enfin pour le premier camp

Grobert le cuisinier est bien rôde, riz, pâtes, légumes
mais aussi frites, pancakes, beignets, pop corn
beaucoup de choses se cuisinent dans l'huile


le campement : une bâche au sol, une bâche pour le toit
et des chambres en tissus attachées a 2 rambardes de bambous

Le lendemain première marche jusqu'au camp numéro 2.

La ça fait déjà 2 heures que l'on est perdu

Le lendemain, le pti dej





La faune


un rassemblement de chenille

le plus grand papillon que l'on ai pu voir




une chenille toxique

les fourmis de feu


les plus grandes qui ont la tête blanche possèdent des mandibules très fortes. le guide en a appliquée une sur son pouce, une fois croque impossible de l'enlever. C'est impressionnant la résistance qu'a le corps d'une fourmi! Tout de même Chino a séparé la tête du corps en expliquant qu'en cas de plaie ouverte elles peuvent être utilise comme des points de suture, il suffit de bien positionner la morsure, d'arracher le corps et quand la cicatrisation est finie les têtes partent toute seule.

Une autre espèce de fourmi appelée 24 heures. La plus grande rencontrée.
Elle doit son nom a la douleur qui empêche de dormir durant 24 heures.

Des larves ont trouve a se loger dans un fruit.

Une petite cuisson en brochette puis la dégustation. Elles sont riches en huile, aussi celles-ci peuvent être utilisées en pommade pour les problèmes aux poumons et a l'estomac.


Lors de la marche de nuit le guide a su débusquer un serpent qui faisait son chemin dans un arbuste a 1.5 m du notre (la tête en haut du tronc de gauche).


Lorsqu'il retira la machette qui lui bloquait la tête le serpent se mit en position de repli, la il attend que de nouveau un prédateur approche a moins d'une trentaine de cm pour lui porter un coup fatal.



Plus cool une tortue trouvée lorsque le guide nous abandonnait.
On a pas tout perdu dans cette mésaventure..

Le jaguar est passe par la.

Les termites se créent un tunnel jusqu'à leur sphère

La nuit de survie Chino a su me démontrer qu'il y avait des caïmans dans les parages.
Au debut je ne le croyais pas car contrairement a la Pampa ou les caïmans sont visibles toute la journée ici je n'en avais pas vu un seul.

Il y en a aussi des plus gros..

Un papillon qui tache de se confondre dans les déchets
qui jonchent le sol de la communauté.




La flore


La canne a sucre est un bon rafraîchissant,
en mordillant on extrait de la fibre un jus pas trop sucre



le cocotier
 
L'arbre a viagra. Prenez l'écorce rouge en infusion
ou laisser reposer dans un alcool durant un moins.

L'arbre qui marche. Grâce a ses racines aériennes il peut se déplacer de 0.5m par an si un voisin plus haut lui cache le soleil. Pour cela il va se faire de nouvelles racines dans sa nouvelle direction et abandonner celles de l'autre côte.

L'eau de la liane. Sur la partie taillée en biseau il y a plein de pores qui laissent
écouler l'eau lorsque la liane est tranchée a ses 2 extrémités.

Le plus large rencontre. La cime de celui-ci sert de repère au guide.









L'arbre caoutchouc. Recueilli par des indigènes exploites
avant l'apparition du caoutchouc synthétique.

L'arbre papyrus. Les feuilles qui se détachent était utilisées pour écrire ou comme papier hygiénique. Aussi son tronc sonne creux car il est plein d'eau, seulement si il se vide l'arbre est mort.

Un peu comme l'arbre qui marche celui-ci a des racines aériennes, petites, plus nombreuses mais beaucoup plus courtes. On peut voir que la base du tronc est arrondie. Le tronc est très haut pour aller chercher le soleil aussi il est parfaitement droit. C'est cette droiture qui lui permet de garder l'équilibre malgré l'enracinement très limite.




La survie



..nous saluons de la main Mathieu, Marielle et Grobert qui s'éloignent sur la pirogue.

Avec l'autre groupe ils étaient limite en surcharge, la position de chacun été verrouillée afin de garder l'équilibre du bateau hormis lorsqu'il fallait descendre pour passer les eaux peu profondes.


Maintenant, Chino et moi nous retrouvons seul dans ce milieu hostile avec pour seul accessoire une machette!  ..2 bâches, 2 moustiquaires, le matériel de pêche, une bouteille d'eau vide et tout un autre tas de chose mais on fait comme si on ne les a pas.

La bouteille d'eau c'est pour le cas ou il y a un pépin, mais normalement on doit toujours pouvoir rejoindre le Rio et aussi trouver une liane a boire.

L'eau de la liane se boit sur le moment
 car après une demi heure elle devient amère.



Je remplis donc la bouteille avec l'eau du Rio. Moi je vais la prendre au centre de la rivière a une profondeur comprise entre -2 et -7 cm, c'est la qu'elle est la meilleure :-)


Maintenant il n'y a plus qu'a pisser sur le feu et l'aventure peut commencer! yaouh!


Le programme est de marcher 3 heures en jungle jusqu'à un endroit ou nous pourrons construire un radeau plus en aval du Rio. Nous devrons aussi installer un campement pour la nuit et trouver de quoi manger.

La marche se déroule bien. Au début on tourne un peu en rond pour retrouver le grand arbre qui sert ensuite de repère a Chino pour s'orienter vers le lit du cours d'eau asséché, de la on retrouve le sentier que l'on suit pendant une heure avant de le quitter pour nous rendre sur le bord du Rio.

Chino et ses 5 sens nous fraient le passage
le plus sur et le plus direct. 


L'approche des berges se fait au travers d'une foret de bambous morts, le sol est jonche de partie en décomposition, on ne sait pas sur quoi on peut marcher, il n'est vraiment pas plaisant d'avancer la dedans.
Tout de même on parvient a s'extirper pour voir le jour sur la plage mais ni une ni deux il faut y retourner pour se rendre plus en aval. La progression dans les bambous n'est pas facile, il y a bien d'anciens passages qui facilitent l'avancée mais Chino doit jouer de la machette sérieux!

les bambous vus de la plage


Finalement, Chino repere un ilôt composé d'une plage et d'un tas de bois morts emportés par les eaux hautes. Là sans perdre un autre moment, on commence à tailler des arbustes et des bambous pour monter le camp. On acheve ce travail un peu avant la tombee de la nuit, il faut maintenant s'occuper du radeau car demain nous devrons quitter a 10h afin de rejoindre la communaute a 12h.

En 2 coups de machette l'arbuste est a terre, 6 coups plus tard il n'y a plus que le tronc.
Chino est un machetteur redoutable!




La structure du campement,
sur une journée pas le temps de le faire 100% naturel.



On cherche les troncs d'arbre sec qui permettraient de faire le radeau, il nous faut identifier les bois blanc car ils sont leger et ont une bonne flotabilite. Certains troncs ont deja le bon format par contre il y a d'autres qu'il faut tailler pour au final ne sortir que les 5 metres necessaires. On opere a la frontale jusqu'à 20h30, la coupe a la machette est dure mais le plus penible sont les moustiques, sandflys et autres insectes qui attaquent au visage lorsque la lampe est allumee. Enfin, les troncs sont prets! demain il faudra trouver de quoi assembler tout ça mais pour l'heure il faut trouver à manger!

C'est dans ce tas de bois que l'on a trouve et débité les 6 troncs de 5 mètres.



On se dirige vers une extremite de l'ilot ou les eaux sont plus calmes. Durant une heure on essaie de pêcher avec une sardine, assommée à la machette par Chino, ou une grenouille, assommée elle aussi à la machette. Il faut dire que sans machette on est peu de chose dans la jungle! Cette pêche fût de nouveau sans prise, décidément sur 4 jours nous n'aurons eu aucun poisson. Comme le dit Chino, dans la jungle pour voir des animaux nous devons avoir de la chance, je crois qu'on peut aussi le dire pour la peche et parfois aussi pour trouver son chemin :-)

Le matériel de pêche, une ligne un hameçon et un appat.


Le poisson que l'on aurait aime pêcher.




Bon pas de poisson, donc pas besoin de faire du feu. Dommage, j'aurais bien frotter le bois mais n'ayant pas de viande a cuire il ne nous reste plus qu'a aller se coucher.

Lors de la "partie de peche" j'ai questionne Chino sur les eclaircies qui illuminaient infimement le ciel etoile a l'horizon de la cime des arbres, il m'a repondu "Quelle lumiere?". C'est comme quand je lui ai demande si il avait peur lorsque l'on marchait la nuit a la recherche du jaguar ou d'autres animaux, il avait repondu "c'est quoi la peur?"   ...eheheh pour le coup lorsque l'orage, qui se deplaçait tout doucement, s'est retrouve au dessus de nous vers 2h du mat je crois pouvoir dire qu'il a eu un peu peur. Fort heureusement il n'y avait pas de vent, par consequent les baches ont tenu et la pluie n'a pas atteins nos moustiquaires.

Au petit matin pas de Grobert pour nous preparer des pancakes ou une omelette.

C'est le ventre vide que nous allons trouver et tailler les arbustes sur lesquels nous recupererons des longueurs d'ecorce verte suffisamment solide pour lier les troncs et les bambous du radeau. C'est de l'autre cote du Rio que Chino pense trouver la variete d'arbre qui conviendra pour les liens. Alors on traverse la riviere la ou elle est la moins profonde mais par consequent la plus rapide. Un baton a la main et l'eau jusqu'aux dessus des genoux la traversee se passe bien. J'en profite pour boire la ou l'eau est la meilleure ;-)

Bon finalement on ne trouve pas les bons arbres de ce cote, alors on retourne sur notre ilot et on explore l'autre rive. On y trouve notre bonheur. Chino taille 8 ou 9 arbustes, de mon cote j'arrache des bandes d'ecorce de 5 metres. Au final nous n'utilisons que 6 arbustes, une fois de plus la Pachamama a bon dos..


Des rubans d'écorce verte pour lier les rondins.



On retourne sur la plage, on met les troncs a l'eau et on assemble le tout avec les liens verts et 2 bambous. Suite a cela on demonte le campement, on boucle nos sacs et se lance dans les rapides! Non je blague, le rio n'est pas plus nerveux que l'Ardeche un mois de Juillet.

Dernier coup de machette et c'est parti!



Le radeau flotte bien, il est assez stable, on peut tenir debout les pieds au sec et manoeuvrer avec les perches. Les fonds varient entre 3 m et 50 cm, plusieurs techniques sont bonnes pour avancer et se diriger : il y a principalement le plante du baton (et non il n'y a pas qu'au ski) et le maniement façon pagaie (le bambou ayant assez de prise dans l'eau pour avancer ou se diriger).

L'epreuve est fatiguante car par moment il y a tres peu de courant, ceci-dit on relativise sur notre "souffrance" lorsque l'on croise les locaux qui eux se deplacent toujours a la perche et une fois sur deux a contre courant!


Enfin on aperçoit les rives de la communauté!


Bilan :

Je suis revenu de cette jungle fatigue et recouvert de piqures (plus d'une centaine sur chaque jambe et un paquet dans le dos) mais ce petit sejour a donne envie d'y retourner plus longtemps et en mode survie uniquement (avec quelques kilos de riz au cas ou).
En connaissance de cause je partirais un peu mieux equipe pour que les deplacements soient moins difficiles et les agressions des insectes moins violentes.

Tant qu'a faire j'irai dans un parc ou il y a plus d'especes animales visibles (le parc Madidi par exemple). L'interet du sejour long est qu'on aller plus profond dans le parc et ainsi s'eloigner des zones touristiques. Aussi, les constructions d'un campement naturel (sans bache de toit) et d'un radeau prennent tout leur sens lorsqu'il s'agit de les utiliser plusieurs jours. Sur une excursion de 20 jours il y a plus ou moins 5 deplacements en radeau.

Sur 20 jours il est possible d'apprendre et de pratiquer la jungle bien plus : fabriquer un arc, faire du feu, manger des termites (pour se proteger des moustiques), rechercher les arbres fruitiers, les racines, prendre le temps d'observer la faune, etc..