6088 m

L'ascension du Huyana-Potosi



===================
les 30 et 31 Août
Agence : Adolfo Andino : en haut de la calle Sagarnaga : prix pour 2 jours 820 bolivianos. Avantage : prêt (gratuit) des équipements manquants notamment le sac de couchage -15 deg, mais aussi les polaires (pantalon et veste), sac a dos, lunette de soleil..  alors qu'en général les autres  agences louent le sac de couchage 40 bs. Adolfo est arrangeant, il s'est aligne en dessous du prix de la concurrence étant donne que je me greffait a un groupe de 2, mon prix 740 bs.
Rencontre : Nico et Sam 2 frenchis bien sympathique, Re le japonais
===================


2 sommets surplombent La Paz : le Huyana-Potosia 6088 m et l'Illimani a 6430 m. Ces deux sommets sont proposes par plusieurs agences d'excursion de La Paz.

Le Huyana-Potosi peut se faire en 2 ou 3 jours, dans ce cas le premier jour permet de s'exercer a la grimpe avec les crampons et piolets sur un glacier a 4500 m.

L'Illimani se fait en 3 ou 4 jours selon l'intensité que l'on souhaite mettre dans la marche, le sommet est plus haut mais d'après le guide l'ascension est moins difficile, aussi le paysage est plus joli.

Sur conseil des voyageurs qui étaient déjà passe par la j'ai opte pour le Huyana-Potosi en 2 jours. Je devais rejoindre un groupe de 2 personnes qui faisaient la montée en 3 jours mais en fin de compte ils se sont désisté par conséquent je me suis retrouve seul avec le guide, ce qui était a mon avantage car seul il y a moins de risque de faire demi-tour dans le cas ou un membre ne peut plus monter.

Dans la matinée un taxi nous emmène jusqu'au camp de base situe a 4500 m. Après un déjeuner nous montons sur un sentier de pierre et de terre jusqu'au second refuge a 5130 m. Il est déjà difficile de trouver son souffle du fait de l'altitude, de plus  l'équipement qu'on a sur le dos pèse. La montée se déroule bien, cette partie n'est qu'un échauffement.

A 14h30 nous arrivons au Rock Camp (5130 m), il y a déjà une autre agence avec 2 français, un japonais et un nouveau-zelandais qui eux sont montes dans la matinée suite au jour de pratique dans le glacier inférieur.

L'après-midi est libre, je la passe a discuter avec les deux français dans un coin abrite du vent et au soleil car dans le refuge il y fait assez froid. Vers 18 heures nous mangeons, a 19 heures nous nous couchons car a 1 heure du matin nous partirons pour l'ascension des 950 m. La marche doit se faire très tôt car en haut, une fois que le soleil est levé et que la température monte, les risques d'avalanche augmentent.

Il est prévu 5 a 6 heures de marche.

Le premier groupe compose de 2 guides et des 4 "touristes" part vers 1 heure, avec Ivan mon guide nous partons vers 2 heures, seuls nous aurons un rythme plus rapide (il faut dire aussi que le N-Zelandais avait eu beaucoup de difficulté a monter la veille, leur groupe va partir tranquillement et voir comment ça se passe).

Le refuge est situe au pied du glacier, nous équipons nos bottines avec les crampons et nous commençons a marcher. Cette fois on a uniquement un petit sac a dos dans lequel on emporte principalement de l'eau, des biscuits et l'appareil photo. Le reste du chargement de la veille on le porte sur nous : bottine avec chausson isolant (type botte de ski), crampons, guêtre, pantalon polaire, pantalon simple, salopette coupe vent, 2 vêtements synthétiques, un pull, un imperméable, le vêtement coupe vent, une cagoule, une écharpe, une paire de gant en laine, une paire de moufle, un harnais, un piolet   ...mieux vaut partir trop couvert!
La lune est pleine et elle éclaire suffisamment pour voir les reliefs tout autour de nous, la vue compense le désagrément de devoir marcher de nuit!

Déjà nous apercevons le groupe qui est encore sur le premier lacet en sortie du refuge, ils sont a environ 200 m et assez vite nous les rattrapons, de fait ils sont tenu par le Nouveau-Zelandais qui peine sérieusement a mettre un pied devant l'autre.

Cette situation est problématique pour leur groupe car la sécurité veut qu'un guide ne soit pas avec plus de 2 personnes, par conséquent il faudrait qu'une deuxième personne s'arrete avec le N-Zelandais, mais qui? Bon la-haut c'est pas comme a Koh Lanta ou un conseil va éliminer un participant au contraire c'est la solidarité qui prime, de fait mon guide accepte de prendre en charge le Japonais et aussi il me demande si je suis d'accord pour qu'il rejoigne notre cordée. La je ne me laisse pas faire, je soutire 200 bolivianos au japonais et lui explique que si on doit s'arrêter avant le sommet j'aurais le plaisir de lui trancher un doigt avec mon crampon! Le Japonnais en pleine confiance accepte d'un mouvement de la tête, la-dessus nous reprenons notre chemin paisiblement.

..enfin quand je dis paisiblement c'est un peu exagéré, en fait l'ascension devient vite un calvaire (déf : succession d'épreuves difficiles et de souffrance). D'abord il est difficile de respirer, et évidemment plus on monte et plus ça se complique, et ensuite l'inclinaison du parcours varie beaucoup ce qui implique de changer de rythme.

De toute évidence, pour les novices, il s'agit de ré-apprendre a marcher, de la même façon que d'apprendre a marcher en montagne sauf que dans ce cas le manque d'oxygène complique largement la donne.
Dans tous les cas la cadence est lente, sur les parties peu pentues les pas peuvent s'enchaîner. Lorsque l'inclinaison augmente on est contraint de changer le rythme et la démarche, il est important de mettre le pied toujours a plat car travailler avec la pointe demande beaucoup plus d'énergie, de ce fait on est contraint d'avancer légèrement en crabe. Pour ma part j'essayais de garder le rythme suivant, j'avançais la jambe gauche, j'avançais la jambe puis je m'appuyais sur mon piolet (tenu a l'envers le piolet sert de bâton), je marquais un temps d'arrêt de 1 a 2 secondes puis j'exécutais la même séquence, jambe gauche, jambe droite, piolet, temps d'arrêt. Marquer un temps d'arrêt paraissait dérisoire mais c'est en ajustant précisément l'effort musculaire avec une séquence respiratoire que je trouvais mon "confort".

Pour le reste on garde le plus souvent les yeux rives au sol, évidemment pour voir ou on met les pieds mais aussi parce que lever la tete et regarder autour de soi donne le vertige. Le manque d'oxygène donne un peu mal au crane, on est un peu étourdi et vite désorienté, pas évidents de garder tous ses esprits. Pour lutter contre le mal des montagne il y a la fameuse coca, je suis parti en mâchouillant quelques feuilles et j'ai renouvelé la chique durant l'ascension. La coca permet d'augmenter la quantité d'oxygène dans le sang en ouvrant davantage les "pores" des poumons, je penses qu'elle m'a rendu service sur les 3 premières heures.

Nous n'avons pas marque beaucoup de pause (une dizaine) car elles sont a double tranchant, dans un premier temps benefiques car elles permettent de reprendre son souffle, de boire, de recharger la coca, de profiter du paysage, au guide ça lui permet de faire un point sur l'état des touristes, mais dans un second temps, tout comme le changement de cadence, le redémarrage est a chaque fois une nouvelle souffrance ..jusqu'à retrouver un rythme confortable.


Les conditions etaient très bonnes au niveau de la visibilité mais un vent assez fort nous refroidissait, il fallait veiller a ce que les extrémités se "gèlent" pas, pour ça je me suis souvenu du conseil d'un chasseur chevronne par lequel il faut sans cesse bouger les doigts de pied dans ses bottes, d'ailleurs il paraîtrait que le père Noël emploie cette même technique.. (private joke)


Unanimement, pour les novices, l'ascension d'un sommet de cette hauteur est une expérience exceptionnelle dans le sens ou on va au delà des limites que notre corps avait pu atteindre jusqu'à présent et que l'on éprouve des sensations nouvelles et extrêmes. Ceci-dit avec un minimum de conditions physique l'épreuve est accessible car l'essentiel se joue au mental : concentration, patience, persévérance.


Quelques photos pour illustrer :

Isole sur la route de terre qui mene a la premiere base, un cimetiere n'est pas de bon presage..


A peu pres au centre de la photo a la bordure du glacier se trouve le refuge des 5130 m. De la nous ferons un premier lacet vers la gauche pour passer le mont rocheux, puis vers la droite toute pour passer derriere la crete. Le sommet est celui de droite.

Le refuge n'est pas mal isole, les murs sont recouverts de temoignage,
un panneau solaire et une batterie  permettent d'avoir
de la lumiere a 1 heure du mat.



A cette altitude le decor est aride

18h30, difficile de trouver le sommeil a cette heure,
heureusement la nuit ne tardera pas a venir.

2h20, ça y est avec Ivan mon guide nous quittons le refuge!

6h30, a quelques dizaines de metre du sommet on stoppe!  lever de soleil majestueux

De la il reste la partie la plus perilleuse de la montee. Il faut alterner les passages sur la neige et sur les rochers.

Si on regarde derriere on voit l'ombre de notre sommet.

7h00 enfin en haut! De droite a gauche : Samuel, Nico et Re,
qui en passant a changer la pellicule de son appareil photo,
comme quoi les Japonais ne sont pas tous accros au High-Tech!

On profite de la vue sur l'Alto de la Paz. Si si apres le lac on peut distinguer les maisons aux briques roses et sur la gauche l'encaissement ou se trouve la ville moderne et plus aisee.

En un rien de temps le jour se leve et on commence a apprecier les premiers rayons de soleil.

Le guide n'etait pas decide a cadrer les photos, il en a pris 3 celle-ci est la meilleure.

A la descente on apprecie mieux le glacier.







Au loin l'Illimani nous nargue. Seul le Japonais est partant pour l'affronter des le surlendemain, nous autres on est d'accord pour dire qu'on s'y collera lorsqu'on aura oublie la souffrance que ça implique.

Dernier lacet avant le retour au refuge. Le point bleu est l'abri ou une cholita et les guides preparent les repas.



Si je repasse par La Paz je tenterais l'Illimani!